Les mots de Vocaliz 2025, le concours de néologisme de Labbrand, ont été révélés ! Cette année, plus de 80 étudiants ont relevé le défi de créer des mots nouveaux pour raconter leur époque, leur quotidien et leurs émotions. En 2025, les mots créés expriment moins une vision du monde que leurs propres émotions dans un monde parfois difficile, et les défis propres à la vie d’étudiante. L’expérience de la jeunesse est d’ailleurs au cœur de plusieurs mots gagnants, que ce soit l’Erâmsoeur (Personne dont on tombe amoureux lors d’un échange universitaire) ou le fait de Cataprompter (Produire un travail bâclé et de mauvaise qualité avec l’IA, puis envoyer rapidement sans relecture). Par ailleurs, le recentrement sur soi est au cœur même du Soimêmisme (Courant qui caractérise notre époque : cette époque où la parole se libère avec MeToo, où les individus assument et osent). Un recentrement sur soi qui s’exprime sur de nombreux mots.
Le numérique comme pathologie moderne
En 2025, plus encore qu’avant, le monde numérique est une source de stress. Alors que des observateurs constatent une baisse du temps passé sur les réseaux sociaux et un désir accru de déconnexion, les étudiants s’inquiètent de la Scrollopathie (Affection liée au défilement numérique), de la Numérasthénie (Etat de fatigue mentale ou émotionnelle provoqué par une exposition prolongée aux flux numériques) ou encore de l’Archivistress (état d’anxiété moderne causé par la pression constante de devoir organiser, sauvegarder, et retrouver l’énorme volume de données numériques personnelles accumulées) et de la Notifixie (dépendance compulsive au flux de notifications qui rythme la vie moderne). Un glissement vers le vocabulaire médical des pathologies qui trahit une angoisse croissante sur ces sujets.
Un regard désabusé sur le présent
Ces angoisses se conjuguent à une certaine mélancolie du passé et un regard désabusé sur le présent, en témoignent la Réminisception (Impression qu’un moment spécial qui se répète dans la vie est plus fade que dans les souvenirs qu’on en gardait) ou l’Avenécho (État de mélancolie diffuse résultant de la confrontation entre le futur imaginé comme idéal et la dureté des réalités contemporaines).
Vers plus de détachement ?
En contrepoint, certains réagissent en prônant une certaine Ralentude (Art de ralentir volontairement dans un monde qui va trop vite sans culpabilité avec style. C’est une forme de douce résistance au toujours plus vite une posture zen et consciente) ou en imaginant une Adelytium (Phénomène qui prend forme lorsque l’on arrive à « déposer son cerveau ». On arrive à vivre le moment présent, on est réellement présent dans notre vie.).
Un regard poétique
D’autres n’oublient pas de regarder le monde avec poésie, s’imaginant Uranoramaphile (Des racines grecques ‘urano’ , ‘rama’ et ‘phile’ désignant le ciel, la vue et l’amour, ce mot qualifie une personne qui est envahie par l’irrésistible besoin de regarder le ciel pour l’admirer) ou en train de Flantasmérer (Rêver éveillé en regardant quelque chose de normal (comme le ciel ) et y voir des histoires imaginaires).
Un quotidien qui pèse parfois
De nombreux autres mots permettent de comprendre le quotidien des étudiants, entre interrogations sur leur vie sociale via l’apéroligation (L’obligation sociale, morale ou amicale de participer à un apéro en terrasse avec ses copains) ou l’existence de Chmallak (Dialogue confus et inconfortable, marqué par un malaise partagé et un manque total d’alchimie. Fréquent chez la Gen Z dans les rencontres improvisées ou les bars.). L’argent est aussi une thématique émergente, avec le sentiment d’être Pauvreux (Sentiment qu’on ressent lorsqu’on achète un produit qu’on veut depuis longtemps mais qui cher. Même si on devient pauvre, on est heureux.).
En 2025, le « Je » est au centre de leurs préoccupations, davantage que le « Nous ». Alors que certaines éditions de Vocaliz avaient montré des points de vue fort sur le monde et la société, 2025 marque un retour à l’expérience individuelle. Tendance de fond ou simple écart ? Les prochaines éditions nous le diront.



